Doigt à ressaut : diagnostic et prise en charge

Doigt qui accroche ou se bloque en pliant : consultation, infiltration, chirurgie ambulatoire et suites, expliqués simplement.

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Un doigt qui accroche en pliant

Le doigt à ressaut se manifeste par un accrochage douloureux, dans certains cas un vrai blocage, quand vous pliez ou dépliez un doigt — souvent l'annulaire ou le pouce. Cela est provoqué par le rétrécissement d'une petite poulie, une sorte d'anneau qui maintient le tendon fléchisseur contre l'os. Le tendon a du mal à glisser dans cet anneau, d'où l'accrochage, voire le blocage en position fléchie. C'est un motif de consultation fréquent, qui touche aussi bien la main dominante que l'autre, parfois plusieurs doigts à la fois.

La consultation

Le diagnostic se fait à l'examen clinique, en palpant le doigt pendant qu'il plie et déplie. Une radiographie ou une échographie n'est en général pas nécessaire. Le chirurgien évalue depuis combien de temps le doigt accroche, s'il existe un véritable blocage, et si le doigt a perdu de la mobilité — un doigt qui reste bloqué, même partiellement, oriente davantage vers une prise en charge chirurgicale d'emblée plutôt que vers une infiltration.

Les options de traitement

L'infiltration de corticoïde

En premier lieu, une infiltration de corticoïde (Diprostène®) est souvent proposée, au niveau de la poulie. Le geste se fait au cabinet, en quelques minutes, sans préparation particulière. Le guidage échographique n'est pas nécessaire.

Chez beaucoup de patients, une seule infiltration suffit à faire céder le ressaut. Chez d'autres, les symptômes réapparaissent après quelques mois. Une nouvelle infiltration ou la chirurgie est alors discutée. Il n'est pas possible de prévoir à l'avance dans quel cas vous vous situerez.

L'infiltration comporte des risques, même s'ils restent très faibles : une réaction inflammatoire locale dans les premiers jours, fréquente et sans gravité, et un risque d'infection, rare. Chez les patients diabétiques, elle peut provoquer une élévation passagère de la glycémie, c'est-à-dire du taux de sucre dans le sang, dans les jours qui suivent le geste. Signalez donc votre diabète au chirurgien avant l'infiltration, et amenez votre dernier dosage d'hémoglobine glyquée. Au-delà de deux infiltrations sur le même doigt, l'efficacité tend à diminuer et la chirurgie est en général préférée pour éviter de multiplier les injections.

La chirurgie

Quand l'infiltration ne fonctionne pas (ou plus), ou quand le doigt reste bloqué, l'intervention consiste à ouvrir chirurgicalement la poulie responsable de l'accrochage. C'est un geste ambulatoire : vous arrivez et repartez le jour même.

L'intervention se déroule fréquemment sous anesthésie locorégionale : seul le membre opéré est endormi. Une petite incision d'environ un centimètre à la base du doigt suffit habituellement. La durée de l'intervention elle-même est courte, de l'ordre de quelques minutes.

Après l'intervention

Un pansement protège la cicatrice pendant 15 jours. Une gêne ou un léger gonflement du doigt est habituel dans la semaine qui suit ; la douleur est modérée : le paracétamol suffit en général à la calmer.

Vous serez revu par votre chirurgien à 15 jours post-opératoire afin de s'assurer que la cicatrisation est terminée et que les symptômes ont disparu.

Vous êtes encouragé à bouger le doigt dès le lendemain de l'intervention. Le mobiliser tôt limite les adhérences — l'accolement des tissus entre eux pendant la cicatrisation — et favorise la récupération de la souplesse. Les autres doigts et la main restent utilisables normalement.

Reprise des activités

Les gestes de la vie courante et le travail de bureau peuvent en général reprendre dans les jours suivant l'intervention. Un travail manuel, un port de charges ou une activité sollicitant fortement la main demandent un délai plus long, à discuter au cas par cas avec votre chirurgien selon votre profession.

Quand recontacter le cabinet

Signalez sans attendre :

  • Une douleur qui s'aggrave au lieu de s'améliorer,
  • Une rougeur qui s'étend, une chaleur ou un écoulement au niveau de la cicatrice,
  • De la fièvre.

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Portrait — Dr Raphaël ROLLAND

Rédigé par Dr Raphaël ROLLAND, Chirurgien de la main et du membre supérieur

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