Il n'existe pas de réponse unique
La durée d'un arrêt de travail après une chirurgie de la main est, à chirurgie équivalente, très variable d'un patient à l'autre. De nombreux facteurs entrent en jeu, que nous allons détailler. Il est donc important de savoir que deux patients opérés du même geste pourront avoir des durées d'arrêt de travail sensiblement différents sans que cela ne constitue une anomalie.
Ce qui détermine la durée de l'arrêt
Plusieurs éléments, outre le délai de guérison, vont conditionner la durée d'un arrêt de travail :
- La chirurgie réalisée. Il est par exemple évident qu'une intervention pour plaie profonde avec lésion d'un élément noble (tendon ou nerf notamment) sera plus courte que si tel n'est pas le cas.
- L'existence d'un sepsis. Certains métiers imposent l'arrêt de travail en cas d'infection de la main (panaris +++). Cela est particulièrement si le poste exige un contact alimentaire.
- La nature exacte de votre métier. Un travail de bureau et un métier physique n'exposent pas la main opérée aux mêmes contraintes. Ceci est particulièrement vrai pour les fractures, qui nécessitent une consolidation complète avant de pouvoir reprendre les gestes de force.
- Le trajet entre votre domicile et votre lieu de travail. La conduite est notamment strictement interdite lorsque l'on porte une attelle.
- La possibilité d'un poste aménagé. Cela dépendra des postes disponibles dans votre entreprise, et s'envisage toujours après avis et recommandations de votre médecin du travail. Bien entendu ceci s'adresse aux pathologies à fort retentissement.
Quelques durées indicatives d'arrêt de travail en chirurgie de la main (il s'agit de moyennes):
- Canal carpien: 6 semaines
- Nerf cubital au coude: 6 semaines
- Dupuytren: 6 semaines
- Tendinite (De Quervain, etc...): 6 semaines
- Rhizarthrose: 3 mois
- Plaie de tendon: 3 semaines à 3 mois
- Plaie de nerf: 3 à 6 semaines
Une importante variation selon le métier exercé
L'écart peut être considérable entre un travail de bureau, où la main opérée n'est pas directement sollicitée, et un métier manuel (utilisation d'outils vibrants, port de charges, travail en force...).
Dans ce second cas, une reprise trop précoce pourrait compromettre le résultat. L'arrêt est donc généralement plus long, et se poursuit parfois d'un mi-temps thérapeutique.
Une durée fixée en consultation, réévaluée au suivi
C'est la consultation de suivi qui permet, en fonction de l'évolution clinique et/ou radiologique, d'évaluer la pertinence de prolonger ou raccourcir un arrêt.
Qui prescrit, qui prolonge
L'arrêt de travail initial est prescrit par le chirurgien, le plus souvent au moment de l'intervention. Sauf si bien entendu il existe un arrêt préalable.
Sa prolongation, si elle est nécessaire, peut être décidée par le chirurgien lors d'une consultation de suivi, ou par votre médecin traitant si vous le consultez dans l'intervalle.
N'hésitez pas à questionner votre chirurgien ou votre médecin traitant si vous avez la moindre inquiétude quant à votre avenir professionnel. Surtout en cas de lésion grave. L'avis de votre médecin du travail est également une donnée précieuse, qui peut permettre de se projeter. Si des séquelles sont à entrevoir et peuvent s'avérer pénalisante, la période d'arrêt de travail sera mise à profit pour envisager des pistes de reconversion ou d'adaptation de poste.
Les dispositifs de reprise et la visite de pré-reprise
Une reprise du travail ne se fait pas nécessairement en une seule étape.
Si votre arrêt de travail est consécutif à une maladie professionnelle ou à un accident du travail, la visite de pré-reprise auprès du médecin du travail est obligatoire. Cette visite peut également être sollicitée après un arrêt prolongé ou lors d'une lésion grave. Votre médecin du travail évaluera votre aptitude médicale, la nécessité d'une adaptation de poste, et il pourra également préconiser un temps partiel thérapeutique.
Il faut savoir que le temps partiel thérapeutique (souvent désigné comme mi-temps thérapeutique) ne peut être mis en place qu'avec l'accord de votre employeur. Certaines organisations d'entreprise (type de poste, nombre de salariés, travail éloigné, etc...) ne permettent tout simplement pas de mettre en place un tel dispositif. Le temps partiel thérapeutique ne peut être prescrit qu'après un arrêt à temps complet, et ne peut être prolongé au-delà d'un an.
Enfin l'essai encadré est un dispositif qui permet une mise en situation au sein de l'entreprise. Cela vise concrètement à déterminer ce qu'il vous sera possible de réaliser sur tel ou tel poste, notamment en vue d'un aménagement.

Rédigé par Dr Raphaël ROLLAND, Chirurgien de la main et du membre supérieur