Fracture du poignet : prise en charge en urgence et suites

Le déroulé d'une prise en charge de fracture du poignet : soins non programmés, diagnostic, plâtre ou chirurgie, consolidation, rééducation.

poignetChirurgie ambulatoirefracture du poignet

Tout commence par une chute

La fracture du poignet — qui en réalité désigne la fracture de l'extrémité du radius, l'os de l'avant-bras situé du côté du pouce — est l'une des fractures les plus fréquentes après une chute.

Elle touche aussi bien l'adulte jeune, lors d'une chute à vélo ou d'un accident de sport, que la personne de plus de 50 ans, pour qui une simple chute sur la main tendue peut suffire à casser l'os.

Les femmes atteintes d'ostéoporose y sont particulièrement exposées ; il s'agit le plus souvent de la première fracture rencontrée dans cette pathologie. C'est pour cette raison que la fracture du poignet est parfois qualifiée de "fracture sentinelle", et qu'elle amène à proposer un dépistage de l'ostéoporose chez les femmes présentant des facteurs de risque.

Une fois à la clinique

Après une chute, si le poignet est douloureux, déformé, ou que vous ne pouvez plus vous en servir, la première étape consiste à venir aux soins non programmés afin de passer une radiographie.

Sur place, un médecin examine votre poignet. Lorsque la radiographie confirme l'existence d'une fracture, il recherchera tout signe de complication (ouverture cutanée, compression nerveuse...)

C'est à partir de ces éléments qu'un traitement vous sera proposé.

Plâtre ou Opération ?

Selon l'importance du déplacement, la stabilité de la fracture, le nombre de fragments (ce que l'on appelle une "comminution"), l'atteinte ou non de l'articulation, deux options se présentent :

  • Si la fracture n'est pas déplacée, et qu'elle restera stable dans cette position, une immobilisation par une manchette résine suffit ;
  • Si le déplacement est trop important, si la fracture touche l'articulation de façon significative, ou si elle risque de se déplacer sous plâtre, une intervention chirurgicale est proposée.

Cette décision se prendra en concertation avec le chirurgien qui vous suivra.

La résine : une option à part entière

Contrairement à une idée reçue, le traitement par immobilisation n'est pas un choix « par défaut » réservé aux fractures mineures : c'est un traitement à part entière qui reste la référence pour de nombreuses fractures du poignet.

Si cette option est retenue une manchette en résine vous sera alors confectionnée et un premier rendez-vous de contrôle sera réalisé dans les 10 jours avec le chirurgien.

En effet, il est important de bien avoir en tête que malgré la stabilité initiale de la fracture, l'os est toujours susceptible de se déplacer. C'est pourquoi une surveillance par radiographies est nécessaire. Suite à ce premier contrôle, d'autres contrôles sont programmés au cours des trois premières semaines. C'est la période pendant laquelle le risque de déplacement reste important.

Si un contrôle montre que la fracture s'est déplacée, et de façon trop importante, une intervention chirurgicale peut alors être proposée, y compris si elle n'était pas nécessaire au départ.

Lorsqu'une intervention chirurgicale est nécessaire

Certaines fractures relèvent d'emblée d'une intervention chirurgicale : déplacement trop important pour être toléré, fracture instable, atteinte articulaire marquée, nombreux fragments...

L'opération en elle-même n'est pas une urgence à la minute. Si vous n'êtes pas à jeun, ou que pour diverses raisons, vous ne pouvez pas vous faire opérer le jour même (animaux à nourrir, proches à aider, etc.), il est le plus souvent possible de différer l'intervention au lendemain. Dans ce cas une attelle provisoire est mise en place, afin de soulager la douleur, et des antalgiques vous sont prescrits. Et le jour suivant, vous revenez à jeun pour être opéré.

L'intervention consiste à remettre les fragments osseux en place et à les stabiliser, le plus fréquemment à l'aide d'une plaque. Elle se déroule le plus souvent sous anesthésie loco-régionale (le bras est endormi), ou parfois générale.

Dans la grande majorité des cas, cette chirurgie se fait en ambulatoire : vous rentrez chez vous le jour même. Une hospitalisation d'une nuit reste de temps en temps nécessaire, en fonction du type d'anesthésie, de vos antécédents médicaux ou de l'organisation du retour à domicile.

Suivant le type de fixation, et la qualité osseuse, une manchette résine ou une simple attelle sera mise en place dans les suites.

Après l'intervention : les premiers jours

Les suites immédiates d'une intervention sur le poignet — pansement, gestion de la douleur, signes qui doivent alerter — font l'objet d'une fiche dédiée sur ce site.

Concrètement, retenez trois choses. La main doit rester surélevée les premiers jours, pour limiter le gonflement. Les doigts doivent être mobilisés dès que possible. Enfin, une douleur qui s'aggrave, une rougeur qui s'étend, ou de la fièvre doivent vous conduire à nous appeler ou revenir immédiatement.

La consolidation : les semaines qui suivent

Que la fracture ait été traitée par plâtre ou par chirurgie, l'os consolide progressivement au fil des semaines. Le chirurgien programme des consultations de contrôle, avec radiographies, pour suivre cette consolidation et adapter, si besoin, la durée d'immobilisation restante.

Le tabac est connu pour ralentir la consolidation osseuse : son arrêt, au moins temporaire, est recommandé sur la période de cicatrisation. Certains anti-inflammatoires doivent également être utilisés avec prudence dans les premières semaines : demandez conseil au chirurgien avant toute automédication.

La rééducation : retrouver la mobilité

La rééducation débute tôt, quelle que soit la modalité de traitement retenue. Dès les premiers jours, il est important de bouger activement les doigts qui ne sont pas immobilisés pour éviter qu'ils ne s'enraidissent. La mobilisation du poignet lui-même reprend petit à petit, après l'ablation du plâtre ou de l'attelle.

De la kinésithérapie est éventuellement prescrite, lorsque le poignet est trop enraidi.

Le syndrome douloureux régional complexe : une complication à connaître

Comme après toute fracture du poignet, une complication doit être connue sans pour autant être redoutée outre mesure : le syndrome douloureux régional complexe, aussi appelé algodystrophie. Il se manifeste par une douleur disproportionnée par rapport à ce que l'on attendrait à ce stade de la guérison, associée à un gonflement, une raideur, ou des changements de couleur ou de température de la main.

La grande majorité des formes précoces s'améliore progressivement avec la poursuite d'une rééducation antalgique. Si ces signes apparaissent ou persistent, votre chirurgien prescrira une scintigraphie et au besoin vous adressera à un médecin de la douleur : une prise en charge adaptée et précoce favorise l'évolution favorable.

Reprendre vos activités

Le retour au travail, à la conduite ou au sport dépend du type de fracture, du traitement suivi et de votre activité professionnelle. Un arrêt de travail est généralement prescrit ; sa durée est adaptée au fil de l'évolution par le chirurgien.

Portrait — Dr Raphaël ROLLAND

Rédigé par Dr Raphaël ROLLAND, Chirurgien de la main et du membre supérieur

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